Chaudes-Aigues tient dans un fond de vallée du Cantal, à 750 mètres d’altitude,
entre les monts du Cantal et le plateau de l’Aubrac. Le village doit tout à ce
qui coule dessous : de l’eau qui sort de terre brûlante, en trente-deux points
recensés par l’office du tourisme des Pays de Saint-Flour — d’autres décomptes,
moins officiels, parlent d’« une trentaine ». Son nom même le dit —
chaudes aigues, eaux chaudes.
L’échelle est celle d’un gros bourg, pas d’une ville d’eaux. L’exploitant
thermal le formule bien dans sa brochure : ici, « point de patrimoine Belle
Époque », mais des bâtiments aux toits de lauze, un ancien lavoir, une place du
marché et des rues pavées. Le thermalisme y est une affaire de village — et
c’est pourtant l’unique station thermale du département du Cantal.
La source du Par, et ce qu’elle n’est pas
La plus chaude de ces sources s’appelle le Par : elle atteint 82 °C à
l’émergence. L’office du tourisme des Pays de Saint-Flour comme l’exploitant
thermal la présentent comme la plus chaude d’Europe.
Retenez surtout ce que 82 °C signifie, et ne signifie pas. C’est la température
de l’eau là où elle sort du sol. On ne s’y baigne pas — on y ferait cuire un
œuf, ce que l’office du tourisme propose d’ailleurs de faire, en quinze minutes.
L’eau qui remplit les bassins de baignade du village est la même, refroidie et
distribuée à une température tout autre.
Cette chaleur a organisé la vie du bourg bien avant le tourisme. Le lavoir à eau
chaude, alimenté par la source Lestande à 62 °C, se touche encore. L’église
paroissiale Saint-Martin Saint-Blaise est chauffée au sol par la source. Le
musée de la géothermie et du thermalisme, Géothermia, raconte cet usage
domestique de l’eau chaude, et des fontaines tièdes ont été remises en service
dans les rues.
Où l’on se baigne réellement
Un seul établissement thermal ouvre ses bassins au public : Caleden,
avenue Georges Pompidou. Il réunit trois activités distinctes qu’il vaut mieux
ne pas confondre — les cures de rhumatologie conventionnées, les soins de
remise en forme et de spa, et un espace thermoludique où l’on entre à l’heure,
sans ordonnance et sans réservation.
Cet espace thermoludique a une histoire récente mouvementée : en rénovation
depuis 2018, chantier arrêté par une procédure judiciaire jusqu’en 2022, il a
rouvert en octobre 2025. C’est donc un équipement neuf que l’on trouve
aujourd’hui, et les descriptions antérieures à cette date ne valent plus. Les
deux parties de Caleden suivent par ailleurs des calendriers différents : les
cures et la remise en forme s’arrêtent en novembre, les bassins continuent
jusqu’au début janvier.
Le village compte par ailleurs un spa hôtelier doté d’un bassin à débordement
et une piscine découverte l’été ; nous ne savons pas s’ils utilisent l’eau
thermale, et ce guide ne documente pour l’instant que Caleden.
Venir, et repartir
Chaudes-Aigues n’a pas de gare. La plus proche est celle de Saint-Flour, à
une trentaine de kilomètres, reliée au village par la ligne d’autocar C07
des Cars Région Cantal, qui assure certaines correspondances avec la ligne
liO 283 venant de Clermont-Ferrand. En voiture, on arrive par l’autoroute A75 :
sortie Saint-Flour Nord (28) depuis le nord, sortie Saint-Chély-d’Apcher (34)
depuis le sud.
Autour, l’Aubrac, les gorges de la Truyère et la cité de Saint-Flour ; sur
place, un jardin d’agrément, le parc Juéry, le musée Géothermia, un casino et
une dizaine de tables — dont celle d’un chef doublement étoilé au Guide
Michelin, ce qui n’est pas courant à cette échelle.