Le thermalisme français ne se visite pas comme celui de Budapest ou de
Baden-Baden. Il s’est construit autour de la médecine, et cela s’entend encore
dans le vocabulaire : on ne parle pas de baigneurs mais de curistes, et le
mot cure désigne une prescription, pas un séjour de détente.
La règle est publique et facile à vérifier. Pour être remboursée, une cure doit
être prescrite par un médecin, se dérouler dans un établissement agréé et
conventionné par l’Assurance maladie, et comporter dix-huit jours de traitements
effectifs ; le forfait thermal est alors remboursé à 65 % du tarif conventionnel.
Trois semaines, une ordonnance, un dossier de prise en charge : ce n’est pas un
week-end.
Ce que cela change pour un voyageur
Beaucoup d’établissements thermaux français sont donc, l’essentiel de la
journée, des lieux de soin fermés au public de passage. Mais plusieurs d’entre
eux exploitent la même eau dans un second espace, ouvert à tous, sans
ordonnance et à l’heure : c’est ce qu’on appelle en France le
thermoludisme. Bassins, jets, sauna, hammam, séance vendue à durée fixe.
C’est cette porte-là qui intéresse ce guide : ce à quoi un visiteur peut
réellement accéder, combien cela coûte, et à quelles conditions. Les cures
conventionnées, qui relèvent d’une décision médicale et non d’un choix de
voyage, n’y figurent pas.
Les lieux documentés
Caleden se trouve à Chaudes-Aigues, dans le Cantal — l’unique station
thermale du département,
alimentée par une eau que l’office du tourisme et l’exploitant présentent tous
deux comme la plus chaude d’Europe à l’émergence.
Dans les Pyrénées catalanes, l’eau chaude se prend dehors et en montagne :
les Bains de Dorres, en Cerdagne, et les Bains de Saint-Thomas, dans le
Conflent, sont deux petits établissements ouverts à tous, sans ordonnance. Le
Parc naturel régional en recense un troisième, à Llo, que ce guide ne
documente pas encore.
Dans les Hautes-Pyrénées, deux espaces de bains
en eau thermale ouverts à tous se partagent les visiteurs :
Balnéa, dans la vallée du Louron, admet les
enfants dès 9 mois ; Aquensis, à
Bagnères-de-Bigorre, à partir de 5 ans, et se rejoint en car depuis la gare de
Tarbes.
En Ariège, à Ax-les-Thermes, les Bains du
Couloubret ouvrent leurs bassins
d’eau thermale aux enfants dès 5 ans ; la ville est sur la ligne de train
Toulouse – Latour-de-Carol.
En Lorraine, deux villes distinctes. À
Amnéville, en Moselle,
Thermapolis admet les enfants dès 4 ans et
Villa Pompéi les seuls adultes. À
Nancy, le Spa
Thermal ouvre son espace Bien-être dès
6 ans et se rejoint en bus depuis la gare.
D’autres lieux viendront quand leurs tarifs, leurs horaires et leurs règles
auront été relevés à la source.
Un mot de budget, enfin : la France est dans la zone euro, les tarifs
s’affichent en euros.